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ÉVÈNEMENTS

Deuxième guerre mondiale

Un musée prêt à débarquer à La Wantzenau

Le 08/05/2015 05:00 par Textes : Philippe Wendling Photos : Hervé Kielwasser

À la fin de l’année, si ses plans se déroulent comme prévu, Éric Kauffmann ouvrira, à La Wantzenau, un musée dédié à sa collection d’objets de la Deuxième Guerre mondiale. Parmi eux : une centaine de véhicules militaires et plus de 400 uniformes.


Éric Kauffmann a aménagé 8 000 m 2 d’entrepôt pour abriter une centaine d’engins militaires dans son futur MM Park.  Photo L’Alsace

Éric Kauffmann a aménagé 8 000 m 2 d’entrepôt pour abriter une centaine d’engins militaires dans son futur MM Park. Photo L’Alsace


Alignés soigneusement dans un entrepôt de 8 000 m2 situé à l’entrée de la zone d’activités de La Wantzenau, une centaine de véhicules militaires datant de la Seconde Guerre mondiale semblent attendre les visiteurs au garde-à-vous. En passant devant chacun d’eux, Éric Kauffmann, le maître des lieux, ne peut s’empêcher d’en détailler les caractéristiques techniques ou de raconter leur histoire. « Ce char russe de modèle TV26, par exemple, a participé à la bataille de Stalingrad. Il a été découvert immergé dans la Neva, en 1998, puis vendu à un collectionneur anglais qui me l’a cédé » , s’extasie le quadragénaire, avant de désigner un camion amphibie de l’armée américaine : « Celui-ci, je l’ai trouvé chez un particulier près de Paris. Il a servi durant le débarquement de Normandie. Si vous regardez à l’arrière, vous verrez son hélice… »


Sa collection, qui figure désormais parmi les plus importantes d’Europe, Éric Kauffmann l’a débutée à l’adolescence. « J’avais 14 ou 15 ans quand mon père est arrivé un soir avec une vieille Jeep que nous avons mis des week-ends à réparer avant de pouvoir la prendre pour nous balader , se souvient-il. Depuis cette époque, j’ai le virus de la mécanique et de l’Histoire. Pour moi, c’est un jeu de restaurer un tank destroyer ou un chasseur de chars américain, même si cela peut demander jusqu’à 3 000 ou 4 000 heures. J’éprouve le même plaisir que d’autres ressentent quand ils parviennent à faire redémarrer une vielle Bugatti. Le côté militaire ne vient qu’en second dans ma passion. Je ne suis en rien nostalgique de la guerre 1939-1945. Loin de là. La période m’intéresse uniquement parce qu’elle nous a concernés directement, et parce que la mécanique était alors fascinante. »

Des engins achetés dans le monde entier

Pour réunir tous ses véhicules, Éric Kauffmann a « fait le tour de la planète. Certains engins viennent d’Allemagne, d’autres des pays de l’Est de l’Europe, ou encore des États-Unis. Il y a deux ans, notamment, j’ai acheté une douzaine de véhicules à un musée du Texas que ses responsables avaient eux cherché en Belgique. »


Plus fantasque encore, il a acheminé d’Amsterdam une ancienne vedette dont la Luftwaffe, l’aviation militaire nazie, se servait pour récupérer ses pilotes tombés à la mer durant les combats. Après l’avoir restaurée en cale sèche, il n’a pas hésité à faire creuser un bassin de 30 m de long et un 1,60 m de profondeur pour la mettre en scène. Prochaine étape, il va diffuser, grâce à de gros hauts parleurs, le bruit de la mer. « Ce sera l’une des pièces maîtresses de mon futur musée. Les visiteurs pourront même monter dans sa cabine » , s’enthousiasme Éric Kauffmann. Ce dernier s’active, en effet, depuis cinq ans, à la création dans son entrepôt du MM Park France, un espace entièrement dédié à la présentation de sa collection. Plusieurs fois repoussée, son ouverture « est prévue à la fin de l’année » , avance-t-il en pointant que d’ici là, il doit encore, entre autres, finaliser l’aménagement d’un auditorium, poser 800 m de barrières et réaliser les fiches sur les machines exposées.

Uniformes et espionnage

Ces explications seront les plus précises possible, promet celui qui ne transige pas avec la réalité historique, comme l’atteste le soin qu’il porte à la restauration de ses véhicules. « Avant de faire quoi que ce soit, nous veillons toujours à nous replacer dans le contexte de l’époque, à retrouver des documents, étudier des cahiers techniques. Si jamais, nous ne retrouvons pas une pièce manquante, nous la reproduisons à l’identique, indique Éric Kauffmann. Cette exigence demande des connaissances et de la patience. »


Elle demande aussi un portefeuille aussi colossal qu’un char d’assaut. Mais sur ce point, le collectionneur est avare de commentaires. Quasi seule information, le budget de son projet est intégré à celui d’ESI France, c’est-à-dire la société spécialisée dans la distribution informatique pour professionnels qu’il gère dans le privé.


« Le musée n’offrira pas une vision de la Seconde Guerre mondiale à travers l’objet mais, au contraire, une histoire de l’objet à cette période, reprend l’homme d’affaires. Ainsi, à côté des véhicules, le but est de proposer, par pays ou par thème, plus de 400 uniformes présentés sur des mannequins, ainsi que des drapeaux, des armes et bien d’autres objets encore. » Par exemple, une pièce déjà quasiment achevée est consacrée à l’Alsace durant l’Occupation, tandis que d’autres offriront des focus, par exemple, sur la déportation, la Résistance ou la Bulgarie durant le conflit.


« J’ai choisi de ne pas présenter que des tenues militaires, afin de sortir du concept d’un musée du combattant comme il en existe déjà , poursuit Éric Kauffmann. Ainsi, on trouvera des uniformes portés par des personnels féminins, des pompiers, des mineurs ou encore des policiers, pour ne citer qu’eux. » En bonus, une salle a déjà été conçue pour mettre en lumière le plan Sussex, une opération, conçue par l’état-major du général Eisenhower, dont la finalité a été de parachuter en 1944 des hommes dans les régions au nord de la Loire pour espionner les troupes nazies.


http://www.lalsace.fr/actualite/2015/05/08/un-musee-pret-a-debarquer-a-la-wantzenau



LA WANTZENAU

Plongée dans l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale

Le 08/05/2015 05:00

Fin 2015, Éric Kauffmann prévoit d'ouvrir, à La Wantzenau, un musée dédié à sa collection d’objets de la Deuxième Guerre mondiale. Parmi eux: une centaine de véhicules militaires et plus de quatre cents uniformes. Visite en avant-première, rien que pour vous.


http://www.lalsace.fr/actualite/2015/05/08/plongee-dans-l-histoire-de-la



De 10 à 20 embauches prévues

Le 08/05/2015 05:00

Déplorant que, faute de visiteurs, au moins un musée fermerait chaque année en France, Éric Kauffmann a pensé à tout pour que son MM Park séduise bien au-delà des passionnés de militaria. Par exemple, il a aménagé une salle de réunion et un amphithéâtre pour attirer les entreprises désirant organiser des séminaires, ou encore un parc d’attractions conçu autour du D-Day pour les plus jeunes. Ces derniers pourront ainsi sauter d’un avion en tyrolienne, détecter des métaux dans le sable, tirer au fusil à plomb ou s’élancer sur un parcours d’accrobranche.


Pour les plus grands, le quadragénaire a spécialement importé des États-Unis deux simulateurs de vol high-tech. Il ambitionne également d’ouvrir un restaurant, ou de confier sa gestion à un professionnel. Quelle que soit sa décision, entre la surveillance et l’animation du lieu, qu’il compte ouvrir six jours sur sept de 10 h à 22 h, il estime qu’il devra embaucher au moins une dizaine de personnes d’ici à son inauguration, puis encore autant dans un second temps. Trois personnes assurent déjà, dans un atelier de 2 000 m2 , la restauration de ses engins ainsi que leur installation dans le musée.


http://www.lalsace.fr/actualite/2015/05/08/de-10-a-20-embauches-prevues



« Une préfiguration » en Bulgarie

Le 08/05/2015 05:00

Éric Kauffmann partage sa vie entre la France et la Bulgarie, où il dirige une succursale de son entreprise d’informatique ESI, ainsi que deux hôtels. Il travaille, en outre, à la création d’une zone de tourisme. En raison de son implantation professionnelle dans le pays, il y a également déjà ouvert ce qu’il appelle « une préfiguration » de son futur musée de La Wantzenau. Sur quelque 300 m2 , dans une ville située à 17 km de Varna, dans l’Est bulgare, l’homme expose plus d’une centaine d’uniformes de la Seconde Guerre mondiale ainsi que divers objets militaires.


http://www.lalsace.fr/actualite/2015/05/08/une-prefiguration-en-bulgarie